Dans une dépêche AFP diffusée ce matin, nous apprenons que « les prix des CDS (Credit Default Swap), contrats de couverture contre le défaut de paiement, battaient des records lundi sur la France et ses principales banques, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à leur exposition à la crise de la dette en zone euro. Vers 11H00 (09H00 GMT), les « credit default swaps » (CDS) sur la France étaient à 191 points de base, ce qui signifie qu’il faut débourser 191.000 dollars par an pour assurer 10 millions de dollars de dette d’État française à 5 ans. »
Tout ceci mérite pour le moins d’être décodé …
Dans un Credit Default Swap, un prêteur paie à un tiers une prime d’assurance régulière pour se protéger de la défaillance de son emprunteur. En cas de survenance du sinistre assuré, ce tiers débourse le montant défini au contrat. C’est donc tout simplement de l’assurance ! La sécurité de l’investisseur est la contrepartie de la spéculation de l’assureur qui ajuste sa prime à la probabilité du risque de son assuré, comme dans votre contrat d’assurance automobile…
Les CDS sont utilisés par les banques et les compagnies d’assurance pour se couvrir du risque de défaillance des pays dont elles ont souscrit les emprunts d’états. En fonction de l’évolution de la perception qu’a un banquier de l’évolution de la « qualité » d’un État devenu son emprunteur, la valeur du CDS peut évoluer et donc être cotée sur un marché. Il existe donc un marché des CDS qui lui-même fait l’objet de spéculation … puisque c’est un produit financier coté.
En surveillant la cotation de CDS, on a un indicateur de la perception par les banques de la santé des États … et cette perception influence les traders qui négocient les titres des banques sur les marchés boursiers. Très schématiquement, la crise boursière accroît la volonté des investisseurs de liquider leurs positions risquées. Ils vendent en priorité les actions des banques exposées à la dette des États considérés comme trop fragiles (au regard de la cotation des CDS !) ce qui entraîne une chute des indices boursiers ce qui affaiblit l’économie des États … et la spirale continue !
N’oublions jamais qu’un spéculateur peut gagner à la hausse comme à la baisse. Il a d’abord besoin de volatilité c’est à dire d’amplitude sur les cours des titres qu’il sélectionne. Sa seule préoccupation est le profit, pas l’avenir d’un État ou d’une économie.
Il est intéressant de regarder sur une année l’évolution de la cotation des CDS des différents états européens…
Pour renforcer le propos sur l’aspect spéculatif des CDS, vous noterez la variation de la dernière cotation en fin de séance vendredi dernier.
Enfin, il convient de rappeler que jusqu’à sa faillite en septembre 2008, la Banque LEHMAN BROTHERS était le plus gros opérateur sur le marché mondial des CDS.














